Nous ne devons plus seulement anticiper les risques de nos clients. Nous devons les prévenir.

Par le 16 avril 2018

Depuis toujours, le rôle du professionnel de l’assurance est clairement défini : il anticipe un risque, il prévoit une protection contre celui-ci « au cas où » et, si le risque survient, il couvre les dégâts subis. Au travers de mon expérience auprès des chefs d’entreprise, en particulier les TPE et PME, je pense que les professionnels de l’assurance doivent  repenser leur modèle d’intervention. Derrière le mot « risque », il y a des problèmes de santé, la panne d’une machine essentielle pour le fonctionnement d’une entreprise, le départ d’un homme clé, l’impayé de trop. La vraie vie, avec de vraies conséquences, humaines et matérielles, qui laissent des traces sur l’entreprise, son dirigeant, ses collaborateurs, bien au-delà de notre capacité d’accompagnement et de gestion du sinistre.

Pourquoi, alors, ne pas imaginer que nous nous positionnions davantage en amont et étendions notre rôle à la prévention du risque ? Non seulement anticiper les risques encourus mais aussi, et surtout, mettre tout en œuvre pour qu’ils n’arrivent pas ?

Prenons le cas du risque cyber, ou risque numérique : peut-on vraiment se contenter d’un schéma traditionnel pour un risque qui change de forme, de géographie, de cible tous les jours ? Avant de faire fonctionner son assurance pour rembourser des centaines de milliers d’euros en dommages et intérêts à ses clients en cas de fuites de données, le dirigeant doit disposer d’autres alternatives, des mesures préventives à mettre en place pour limiter la survenue du risque : de la sensibilisation des personnes à la sécurisation des équipements. Simpliste ? Non, simple. Quand on sait que 84 % des failles de sécurité viennent du facteur humain, sensibiliser ses collaborateurs à la sécurisation des appareils nomades comme les les mobiles ou ordinateurs portables, tester régulièrement la robustesse de son système d’information, renforcer les process d’intégration et de départ des collaborateurs… sont les préalables nécessaires, constitutifs d’une démarche peu coûteuse, en particulier eu égard aux montants des amendes ou dommages et intérêts, rapide à mettre en place et responsable, vis-à-vis de tous les publics de l’entreprise… Et qui peut être coordonnée par le professionnel de l’assurance, qui a tout intérêt à le faire !

Le professionnel de l’assurance est un partenaire de confiance, qui connaît le dirigeant, ses besoins et ceux de ses salariés, qui connait son activité et son écosystème, ses craintes, ses doutes et ses ambitions. Alors qui mieux placés que nous pour auditer, conseiller et accompagner les entreprises dans la prévention de leurs risques et par la même, leur bon développement ?

 

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Françoise Louberssac - Président-Directeur général d’APRIL Entreprise

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