Entreprises, êtes-vous assurées contre la perte de chiffre d’affaires?

Par le 14 décembre 2018

Les semaines qui précèdent Noël sont parmi les plus productives de l’année pour nombre d’entreprises. Or, depuis quelques semaines, les manifestations qui émaillent la France, en métropole et dans les DROM, ont mis un coup de frein à l’activité économique du pays. Toutes ces entreprises sont bien sûr assurées contre les dégradations ou les vols ; c’est le principe de l’assurance multirisque professionnelle. Combien, en revanche, sont couvertes pour des dommages immatériels et, par là même, contre la perte de chiffre d’affaires liée à une baisse de l’activité – estimée récemment entre 400 millions et 1 milliard d’euros ? Très peu.

Or le véritable impact économique est là : proportionnellement, peu d’entreprises ont été vandalisées alors qu’un grand nombre d’entre elles a dû fermer les jours de manifestations pour des raisons de sécurité. Ce chiffre d’affaires qui ne se fera pas, et qui manquera au moment de faire le bilan financier de l’année, qui l’assure ?

Nos équipes réfléchissent depuis quelques temps avec nos entreprises clientes dans cette situation pour les accompagner et répondre à leurs besoins sur ce qu’il convient d’appeler une nouvelle forme de « risque politique ». Il y a encore quelques mois, on réservait cette appellation à certaines zones géographiques réputées instables, voire on l’associait au risque terroriste. Aujourd’hui, en Europe et notamment en France, le risque politique, qui inclut le terrorisme aussi, peut être de plus en plus associé aux mouvements de contestation sociale. Quelles que soient les causes de ces événements, le risque de cessation provisoire d’activité en amont pour des raisons de sûreté ou après des dégradations, est en effet de plus en plus fort…

On ne souscrit pas une telle garantie lorsqu’on monte son activité ou que l’on prend un commerce, l’approche est nécessairement sur-mesure. Chaque entreprise envisage ses propres critères d’évaluation du risque immatériel : entre un centre commercial qui ferme un samedi après-midi et un transporteur qui ne pourra pas emprunter les axes autoroutiers pendant plusieurs jours, le risque n’est pas le même, les garanties non plus. La couverture assurantielle doit impérativement être le fruit d’un dialogue nourri entre le dirigeant d’entreprise et son conseiller en assurances. Un bon diagnostic et une solution bien mesurée au départ facilitent ensuite le process de déclaration et de dédommagement. Parce que, lorsque le risque survient, c’est parfois la survie de l’entreprise qui dépend de la pertinence de la solution d’assurance.

 

Françoise Louberssac