Non, le dirigeant n’est pas un salarié comme les autres et a besoin qu’on lui simplifie la vie

Par le 13 juin 2018

Si mes 25 années d’expérience au service des Pros m’ont appris une chose, c’est que le métier d’un chef d’entreprise peut prendre des formes multiples, mais certainement pas celle d’un expert en assurances. Dans un environnement réglementaire de plus en plus dense, et au regard de la multitude d’offres aujourd’hui disponibles sur le marché, il est de plus en plus difficile pour le chef d’entreprise de faire le bon choix assurantiel pour lui, ses salariés et les biens de son entreprise. Pourtant, c’est toute la vie de son entreprise qui peut être impactée lorsqu’un risque survient, parfois jusqu’à la cessation de son activité. Pour assumer cette responsabilité, les dirigeants ont besoin d’être sensibilisés et accompagnés. Au même titre qu’il s’entoure d’un avocat ou d’un expert-comptable, le chef d’entreprise doit pouvoir s’appuyer, les yeux fermés, sur son courtier en assurances, pour s’engager à ses côtés en lui donnant le meilleur conseil et pour protéger son entreprise dans sa globalité. Ensemble, ils pourront réaliser l’analyse fine, tenant compte des besoins, du contexte professionnel, de l’activité et de ses risques, nécessaire à la bonne couverture du dirigeant d’entreprise.

Outre le fait que le chef d’entreprise ne peut pas s’improviser expert en assurances et c’est bien normal, il ne peut pas être considéré comme un salarié comme les autres. Idem : lorsqu’un risque ou un sinistre survient ou qu’une maladie le touche, c’est sa vie, celle de son entreprise et de ses salariés qui peuvent être impactées. Si il y a cessation de son activité, quid des équipes ?

Je suis personnellement convaincu que pour un dirigeant, l’offre la plus adaptée n’est pas forcément la moins chère mais bien celle qui couvre le mieux et au plus juste ses besoins de chef d’entreprise. Et une assurance solide et sérieuse induit inévitablement le maintien de la sélection médicale. Proscrite chez les salariés, elle ne peut être supprimée pour les dirigeants, tant leur statut et leurs responsabilités sont spécifiques.

Bien sûr, la suppression de la sélection médicale est séduisante ; elle facilite, dans un premier temps, la souscription et simplifie et fluidifie les processus pour cette clientèle pressée et exigeante. Mais elle ne me semble pas raisonnable. Nous sommes en effet aujourd’hui à un tournant du secteur assurantiel et nous devons collectivement décider du modèle que nous souhaitons proposer à nos clients : soit un modèle qualitatif dans lequel les dirigeants d’entreprise sont couverts de manière juste et adaptée dans une logique de segmentation raisonnée, soit un modèle d’hyper-mutualisation dans lequel tous les clients sont couverts de la même façon, au risque de générer des hausses tarifaires non maîtrisées et des garanties nivelées par le bas.

Par ailleurs, un système dans lequel tous les risques se valent n’a plus besoin d’intermédiaire de conseil ; que devient alors le courtier ? Mais aussi, que devient le dirigeant d’entreprise ? Peut-il être sûr d’être bien couvert pour lui-même, sa famille, ses salariés ? Est-il certain de ne pas devoir payer demain la faillite d’un modèle assurantiel qui ne pourra pas supporter sur le long-terme les conséquences de l’hyper-mutualisation ?

Je suis pourtant persuadé que simplicité et couverture efficace ne sont pas antinomiques. On peut aujourd’hui s’appuyer sur des solutions digitales simples et éprouvées pour fluidifier les étapes de souscription et de gestion. Parce que oui, qualité, simplicité et efficacité peuvent être contenues dans une même offre, pour nous permettre de faire ce qui est au cœur de notre vocation, de notre mission et de notre rôle : assurer les risques et protéger nos clients.

Alors, non, le dirigeant n’est pas un salarié comme les autres.