Soyons prêts à assurer un nouveau risque chaque jour

Par le 23 avril 2018

Le métier de professionnel de l’assurance ne correspond plus depuis longtemps à la simple garantie de risques et à la couverture en cas de sinistre. Au fil du temps, du développement de nos écosystèmes, du renforcement des règlementations et de la digitalisation de la société entre autres, nous sommes presque devenus de véritables risk managers externalisés, c’est assurément une partie de notre futur rôle de courtier. Nous identifions et priorisons les risques de nos clients pour proposer des solutions parfaitement adaptées de prévention et de gestion du risque, pouvant aller jusqu’à la gestion de crise. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle mutation de ce rôle de conseil en risques. Numérique, environnemental, politique, ou encore psycho-social : les nouveaux risques ne manquent pas, sont protéiformes et encore peu ou pas toujours encadrés.

A nouveaux risques, nouvelles réglementations… Il s’agit depuis longtemps du quotidien du professionnel de l’assurance. Ce qui change aujourd’hui, à l’heure du tout digital, c’est la vitesse à laquelle ces risques évoluent : ainsi, un risque numérique couvert aujourd’hui peut être obsolète demain, tandis qu’une nouvelle forme de piratage de données que l’on n’avait pas pu anticiper – donc prévenir ou couvrir – apparaît un matin. Comment, dès lors, continuer à faire notre métier, et notamment ce qui fait son socle, à savoir la couverture des risques ? Comment accepter que notre phase d’identification des risques soit forcément biaisée par l’étendue du champ de ces nouveaux risques et le manque de connaissance que nous pouvons parfois en avoir ?

Je vois deux pistes de réflexion.

  • Notre agilité individuelle d’une part : on le voit au sein du groupe APRIL qui s’appuie sur un ensemble de PME expertes ; lorsqu’un nouveau risque émerge, la clé est notre capacité à réagir vite, adapter notre approche, proposer une solution nouvelle ou évolutive à nos clients actuels et à venir. La société évolue ; à nous d’évoluer avec elle, à son rythme, parfois en anticipant  la réglementation,  qui tarde, comme c’est le cas sur le risque environnemental notamment.
  • Notre dynamique collective au sein même de la profession, avec nos partenaires assureurs et courtiers, sur toute la chaîne de valeur de l’assurance. On le voit à travers les prises de parole publiques des dirigeants, les nombreuses conférences organisées par les organismes influenceurs du secteur : la question de l’anticipation et de la gestion des nouveaux risques nous agite tous. Ensemble, nous pouvons réfléchir à ces nouveaux risques, à leur niveau de probabilité, identifier les zones d’incertitudes, qui peuvent être importantes afin d’accompagner le législateur dans l’aménagement du cadre réglementaire. Cette approche d’intelligence collective viendra compléter les initiatives des concurrents – et néanmoins partenaires – que nous sommes tous.

La grande inconnue reste la perception de ces risques par nos clients : à ce jour, très peu d’entre eux sollicitent l’avis d’un professionnel de l’assurance sur les nouveaux risques, avant d’y être confrontés… ou contraints par la réglementation. CQFD.